Jeanne Barret la Voyageuse clandestine des Lumières
L’exploratrice d’une expédition scientifique, l’aventurière portant l’émancipation
Qui était Jeanne Barret ?
On trouve peu d’écrits sur elle de son vivant, et pour cause : Femme clandestine dans son aventure au XVIII° siècle, issue d’un milieu pauvre, peu de traces de son histoire sont repérables.
Heureusement des autrices se sont attachées à un travail de recherche pointu pour tracer son destin, au plus près de ce qu’il a pu être.
Elle enfreint la loi pour aller au bout de sa passion en s’affranchissant peu à peu de sa condition, avançant dans la vie et faisant avancer la connaissance, par sa curiosité, sa compétence et son courage.
Elle vit son émancipation dans une époque où le Monde est très en mouvement, physiquement, économiquement, socialement et idéologiquement.
Une époque où, pour la première fois, une femme va faire le Tour du Monde, pour des raisons totalement personnelles, mais dont l’expérience risquée incarne la volonté d’évolution de la Femme dans la société.
Ce n’est pas encore l’époque du tourisme, c’est encore celle du Grand Tour et aussi celle du développement des conquêtes économiques européennes et une étape dans la colonisation des autres continents.
C’est toujours l’époque du Voyage, du périple dangereux, avec des escales incertaines, de l’exploration, de l’aventure, de la curiosité, du besoin de découvrir.
Mais le Voyage pour Jeanne c’est un combat, une forme de résistance et de participation au changement de monde.
Ceci sans esprit militant, probablement, mais plutôt pour une cause personnelle, celle de sa survie et de son évolution, pour sortir de sa condition, et participer à une autre vie.
Celle mue la volonté de découverte et d’émancipation.
Mais cela va finalement participer au cours de l’histoire, apportant le témoignage concret que l’Egalité Femme-Homme n’est pas un vain mot, et débouchant sur sa reconnaissance à tous les niveaux hiérarchiques de la société.
Jeanne Barret vit dans le siècle des Lumières, peut-être ne le sait-elle-même pas ?
Mais elle l’incarne, tout comme son parcours incarne la mutation d’une société qui est transpercée progressivement par les idées des Lumières.
Jeanne Barret est née en 1740. Elle effectue son Tour du Monde entre 1766 et 1775. Elle est « reconnue » par le Roi de France en 1785 par une pension spéciale qui est versée à « cette femme extraordinaire ».
Elle incarne la mutation de cette société, le chemin et la culture de l’émancipation qui est en train de se diffuser dans la société européenne, peut-être même sans que les individus en soient conscients.
Elle participe à ce moment où les idées sont déjà présentes dans tous les étages de la société et où les regards commencent à se modifier avec l’expérience.
Le Voyage de Jeanne Barret c’est l’histoire d’une héroïne, Voyageuse, dans une mission botanique, avec ses émotions, son expérience-client, le périple de l’Etoile et de la Boudeuse commandée par De Bougainville.
C’est un film avec de multiples scènes, décors, huit-clos, non-dits, au travers de ses escales et de ses traversées de lieux en lieux.
Ce n’est pourtant pas seulement un film d’aventure au féminin, mais la narration d’une évolution vers la tolérance, vers l’égalité, vers l’émancipation.
Comme l’écrit Alexandrine Civard-Racinais dans son ouvrage pédagogique : « Ensemble, nous avons affronté mille écueils sans jamais faillir, ouvert une nouvelle route à travers des mers inconnues, traversé un détroit dont le nom seul était effrayant, reconnu ou découvert quantité de ports à l’intérieur de ce dédale, soulevé un coin du voile enveloppant une myriade d’îles croisées sur cette route et surtout, insiste Philibert, repoussé fort loin les bornes de l’histoire naturelle. Sans oublier les autres limites que nous avons fait reculer… Aujourd’hui, plus personne ne conteste ma présence sur ce bateau. Chacun sait désormais qui je suis, et ce que je vaux. »
« Pardonnez-moi, Monsieur, si je vous ais causé du tort. Mais ce voyage piquait trop ma curiosité. Je voulais en être… M. de Bougainville s’est montré étonnamment conciliant. J’ai même eu l’impression que cette situation l’amusait. »
C’est l’émancipation par le Voyage, le Voyage au Féminin, une forme de Grand Tour « ouvrier » au Féminin, rendue possible par la transgression.
Et permettant la libération de la Femme, par la démonstration de ses compétences et de sa capacité d’adaptation.
La botanique joue aussi un grand rôle dans cette aventure. Elle « design » avec art ce Voyage par ce que révèle la flore découverte.
Le Bougainvillier, découvert par Jeanne Barret et Philibert de Commerson, est-il le symbole de la Libération des carcans et de l’Évolution ? puisque, en prenant appui sur d’autres végétaux, la plante se hisse à plusieurs mètres pour s’épanouir en un massif.
Et la Baretia bonafidia, dédiée par Philibert de Commerson à Jeanne Barret, est-elle le symbole de la reconnaissance de l’Égalité, de la frontière franchie ?
Voyage Art Design souhaitait saluer avec ce clin d’œil les Voyageuses ainsi que la curiosité qui génère expériences et émotions.







